Vous avez moins de 30 ans et vous hésitez encore sur la cohabitation intergénérationnelle ? On répond à toutes vos questions.
Est-ce que cette forme d’hébergement (cohabitation solidaire et intergénérationnelle) est adaptée à tout type de candidat ?
La cohabitation avec une personne âgée ne peut pas convenir à tous. Tout dépendra de la personnalité et des envies de chacun. Quelques réflexions peuvent vous aider à vous décider.
- Quelles images/a priori ai-je d’une personne âgée ? Lorsque cette dernière radote un peu, suis-je agacé, impatient ou plutôt attendri ?
- Aurais-je du temps à consacrer à la cohabitation avec la personne âgée ?
- Quel est le mode de vie que je souhaite avoir ? Est-ce que je souhaites privilégier les sorties avec mes amis, ma vie étudiante ? Ou bien privilégier mes études, la tranquillité, et le partage de savoir avec une personne d’une autre génération que la mienne ?
Il est important de se poser ces questions et d’y répondre pour soi-même avec la plus grande honnêteté. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, pas de jugement de valeur. Tout le monde n’a pas les mêmes envies et les mêmes priorités au même moment. Vous pouvez vous rendre compte que ce type de cohabitation n’est pas adapté pour vous pour le moment et que cela convienne parfaitement l’année prochaine.
Qui peut bénéficier d’un accueil en cohabitation solidaire et intergénérationnelle ?
La Loi ELAN, promulguée en novembre 2018, recadre les profils des bénéficiaires en recherche d’hébergement. Ils doivent être âgés de moins de 30 ans.
Peuvent s’inscrire à l’association :
- Les étudiants. Ils constituent plus des 2/3 des hébergés.
- Les jeunes travailleurs.
- Les demandeurs d’emploi avec un réel projet personnel et professionnel.
Qui sont les hébergeurs qui accueillent des jeunes ?
En principe, les candidats sont des seniors âgés de plus de 60 ans. La moyenne d’âge des hébergeurs à Nantes Renoue est de 81 ans (au 31/12/2025). Il y a davantage d’hébergeurs femmes que d’hommes, et ceci, principalement pour des raisons d’ordre démographique. En effet, les femmes ont une espérance de vie plus longue que les hommes. Nous avons également certains hébergeurs en situation de handicap.
En formule solidaire (présence régulière sans contribution financière demandée par l’hébergeur), les personnes âgées sont souvent moins autonomes. Elles ont besoin de plus d’attention et de présence.
En revanche, en formule conviviale, c’est-à-dire contre le versement d’une contribution financière et une implication moins grande, les hébergeurs sont habituellement plus indépendants. Il s’agit de retraités encore actifs, généralement moins exigeants dans l’échange à attendre du jeune.
Doit-on connaitre le public des « personnes âgées » pour cohabiter ?
Non, car vous n’aurez pas à vous « occuper » de la personne, même dans l’hypothèse d’un hébergeur en perte d’autonomie. Il y a des professionnels pour la prise en charge des services à la personne déjà en place ou qui deviendraient nécessaires.
Vous aurez au minimum à être présent au domicile les nuits (en moyenne 5 à 6 nuits par semaine) sous forme de « veille passive ». Il s’agira à côté d’établir des relations harmonieuses et amicales et de prévenir les personnes compétentes en cas de problèmes.
Une sensibilisation à la vieillesse et/ou au handicap est toutefois requise pour l’accueil au domicile d’un senior en perte de ses facultés intellectuelles ou physiques.
Combien d’offres sont disponibles par rapport au nombre de candidats ?
Les offres ne sont pas suffisantes pour satisfaire l’ensemble des demandes. Nous donnons une suite favorable à environ 1/3 des candidatures (en vue de la rentrée universitaire de septembre). À vous de présenter un dossier de qualité pour optimiser vos chances de réussite.
En revanche, nous avons de nouvelles propositions tout au long de l’année. En acceptant d’être logés dès le printemps, vous optimisez vos chances.
Où sont situés les logements ?
Les offres de cohabitation sont principalement situées à Nantes (plus de la moitié), mais également dans sa proche agglomération (moins de 25 kilomètres aux environs).
Quel délai avant d’obtenir une chambre ?
L’association ne peut pas garantir de délai précis, cela peut prendre quelques jours, quelques semaines, plusieurs mois ou bien ne jamais arriver. Il n’y a pas de liste d’attente à proprement parler. Votre demande est traitée dès qu’elle arrive et sera comparée aux offres de cohabitations.
La sélection ne s’opère donc pas en fonction de la date de la demande, mais en fonction de la motivation de la personne, de ses attentes, de ses envies, de ses disponibilités ou de son caractère.
L’accès à le chambre est-il exclusif au jeune ?
Il s’agit d’une pièce d’intimité dans laquelle le jeune est censé travailler, dormir… Il doit l’entretenir et la remettre dans l’état dans lequel il l’a trouvée en aménageant.
L’hébergeur n’est pas censé y aller le temps du séjour, sauf après avoir prévenu le jeune, pour un éventuel « contrôle de routine ».
Est-ce qu'il est possible de vivre en cohabitation avec mon ou ma partenaire ?
Vivre en couple chez un senior n’est pas une option recommandée par l’association, ni souhaitée par les hébergeurs.
Il s’agit de lutter contre l’isolement d’une personne âgée, pas de vivre sous son toit en « autarcie ». Certains acceptent de manière exceptionnelle d’accueillir le ou la conjointe de leur hébergé(e) une fois la confiance et la relation bien installées.
Est-ce que les seniors acceptent les animaux de compagnie ?
En principe, non. Toutefois, cela peut être discuté et convenu directement avec l’hébergeur.
Est-ce que je pourrai recevoir des amis dans le logement ?
En principe oui mais essentiellement dans la journée, ponctuellement, et après avoir prévenu la personne qui vous loge.
Comment s’opère le partage de la cuisine ?
Vous pourrez prendre sur place votre petit-déjeuner, déjeuner et dîner. Généralement, un placard vous est réservé ainsi qu’une partie du réfrigérateur pour y entreposer vos provisions.
Nombreux seniors apprécient que le jeune partage leur table le soir et qu’ils cuisinent ensemble, et ce quelle que soit la formule retenue. En effet, le repas est un moment convivial où le dialogue est possible.
Comment s’organise le lavage du linge ?
Certaines personnes âgées prêtent volontiers leur lave-linge (en général, vous devez seulement fournir votre lessive), d’autres sont plus inquiètes et acceptent à condition de faire tourner elles-mêmes la machine, d’autres encore vous conseillent la laverie automatique.
Est-il possible d’avoir accès à Ia box Internet du sénior ?
Au dernier « recensement », 1 hébergeur sur 4 ne disposait pas encore de connexion internet.
Pour les autres, vous pourrez utiliser leur réseau, avec leur autorisation (transmission de la clé Wi-Fi). À défaut, le plus pratique consiste à utiliser votre connexion personnelle de téléphone (clé 5G).
Quels sont les documents qui officialisent l'engagement entre le jeune, le senior et l’association ?
L’association rédige un contrat de cohabitation et une charte intergénérationnelle. Vous et votre hébergeur devrez la lire et la signer avant l’aménagement.
Avec l’association, un bulletin d’adhésion sera à signer et en échange du paiement de votre cotisation annuelle (fixée au 31/12/2025) à 10 € par nombre de mois indiqué au contrat (minimum 70 €).
Est-il possible de rentrer le week-end chez ses parents ?
Oui, mais uniquement dans la formule conviviale.
Pour la formule solidaire, il est possible de rentrer chez soi 2 week-ends par mois.
Dans la formule d’hébergement « solidaire », est-ce que le jeune doit être là tous les soirs et les week-ends ?
L’emploi du temps est défini avec chaque senior, mais l’usage est de rentrer au domicile du senior entre 19 h et 20 h. De plus, vous disposerez d’une soirée libre la semaine (ce qui n’inclut pas le week-end).
En ce qui concerne les week-ends, et ce toujours en formule solidaire, vous disposerez de 2 week-ends libres par mois, pendant lesquels vous pourrez vous absenter (dates à convenir d’avance avec le senior pour s’organiser).
Attention : quand on parle de présence le week-end, il s’agit de présence le soir et la nuit, dans la journée vous faites ce que vous voulez, tous les week-ends.
Quelles sont les contraintes de la formule conviviale ?
Les seules contraintes reposent sur la convivialité, le respect, le savoir-vivre et le règlement de votre contribution mensuelle aux charges.
Cette formule vous offre une grande liberté d’horaires et d’allées et venues. En cas d’absence, il vous suffit simplement de prévenir par courtoisie, comme vous le feriez chez vos parents.
Quel est le montant à verser chaque mois à l'hébergé en contrepartie de l'hébergement ?
La contrepartie est solidaire et représente moins de 40 % du prix du marché. Elle varie entre 50 € et 250 € par mois, charges comprises, et est éligible aux aides de la CAF.
Y a-t-il une durée minimum de cohabitation ?
Afin de créer de véritables liens entre le jeune hébergé et le sénior, la durée minimale est de 3 mois durant l’année scolaire et 2 mois en période estivale.
Y a-t-il une durée maximum ?
La convention d’hébergement est prévue pour 10 mois au maximum, renouvelable éventuellement si accord du senior et de l’association.
Une période de carence est demandée entre deux contrats. Rappelons qu’il s’agit d’un hébergement à titre provisoire et précaire.
Comment se passe la cohabitation durant les vacances d’été ?
L’essentiel des demandes d’hébergements s’étend de septembre à juin (public « étudiant »). Vous êtes donc libre de partir en fin d’année scolaire. Prévoir un départ anticipé fin avril ou mi-mai limite vos chances d’être accepté chez un senior.
Si vous voulez rester, il sera possible soit de prolonger le contrat de 2 mois si le senior reste chez lui l’été (modalités à négocier entre vous).
Que se passe-t-il si, en cours d'année, le senior part en vacances, à l’hôpital?
Quand le senior part en vacances ou dans sa famille durant l’année, en principe cela ne change rien pour vous, vous continuez à habiter dans le logement. Vous serez seul à la maison… profitez-en mais raisonnablement.
Si le senior part à l’hôpital, c’est pareil. Pensez à vous informer de son état de santé et à lui rendre visite (règles de savoir-vivre !).
Que se passe-t-il si, en cours d'année, le senior doit partir en maison de retraite ou décède ?
C’est évidemment une cause de rupture de contrat… mais vous aurez, quoi qu’il arrive, un mois de préavis, et même souvent plus car tout mettre en ordre et rendre l’appartement nécessite pas mal de temps. Par ailleurs, si vous vous entendez bien avec la famille, soucieuse de ne pas compromettre vos études, elle vous proposera généralement de rester dans les lieux plus longtemps.
Il est nécessaire de vous organiser ensuite pour chercher un autre logement via l’association ou par vos propres moyens. L’association, de son côté, cherchera pour vous mais ne peut vous garantir de vous trouver un logement équivalent (situation, présence…) donc peut vous proposer des alternatives qui ne vous conviendront pas. L’association est tenue d’une « obligation de moyens » et non « de résultats ».
Que se passe-t-il si « le courant » ne passe pas entre le jeune et le senior ?
L’association évite en général ces situations en choisissant des personnes compatibles pour mener une cohabitation. Si toutefois des tensions surviennent, elle essaiera d’agir en tant que conciliatrice (médiation).
Le suivi hebdomadaire des deux premiers mois sert à détecter ce risque de dysfonctionnement. Si la situation persiste, un préavis d’un mois sera lancé pour mettre fin à la cohabitation. En fonction des parts de responsabilité des uns ou des autres, une autre cohabitation pourra être proposée.
Peut-on s’inscrire tout au long de l’année ?
Oui, car les seniors proposent des chambres tout au long de l’année, sans se limiter à la rentrée universitaire.
Cependant, le mois de septembre constitue la période la plus tendue puisqu’il concentre un nombre important de demandes.
Les jeunes mineurs peuvent-ils déposer une candidature ?
Pour devenir membre de l’association il faut être majeur l’année de la cohabitation. Jusqu’à cette date les parents se portent garants et co-signent les documents juridiques de l’association (décharge parentale).
La maturité n’est pas toujours liée à l’âge, mais sachez que pour être hébergé il faut savoir faire preuve d’un minimum d’autonomie (préparer son repas, participer aux tâches du quotidien …).
Peut-on s'inscrire sans avoir encore de carte étudiante ?
Oui, nous avons besoin de temps pour trouver une chambre. Autant commencer les recherches le plus tôt possible. Vous fournirez la photocopie de votre carte quand vous l’aurez.
Peut-on s'inscrire sans avoir encore de titre de séjour ?
L’inscription reste envisageable mais reste plus complexe. Il faut nous présenter l’attestation prouvant que vous en avez fait la demande et que vous êtes en attente d’un rendez-vous à la préfecture (récépissé).
À défaut, nous ne pourrons prolonger l’hébergement dans notre cadre associatif. Les hébergeurs ont besoin d’être rassurés et de s’engager sur la durée. Si la candidature présente trop d’incertitudes, ils pourront préférer un dossier avec moins d’aléas.
Peut-on bénéficier d'un logement lors d'une formation en alternance ?
Oui, si vos deux lieux de formation (école et entreprise) sont en région nantaise. Dans le cas contraire, l’hébergement n’est pas évident car les seniors qui proposent une cohabitation souhaitent souvent une présence continue.
Une assurance est-elle obligatoire pour bénéficier d’un hébergement ?
Le jour de l’aménagement, le jeune doit au minimum être titulaire d’une attestation d’assurance responsabilité civile qui couvre les risques au quotidien.
Est-il possible de bénéficier des Allocations Logements si je verse une contribution financière à mon hébergeur ?
Oui, la CAF prévoit formellement la situation d’hébergement en cohabitation intergénérationnelle depuis 2019 et, à ce titre, peut verser au jeune qui en fait la demande une aide au logement mensuelle.
Une simulation de montant est possible sur le site de la CAF, à titre estimatif : http://www.caf.fr/allocataires/mes-services-en-ligne/faire-une-simulation.
Quelle assurance prendre et combien ça coûte ?
Pour entrer dans le logement, le jeune doit être en possession d’une attestation d’assurance responsabilité civile mise à jour.
En tant qu’étudiant, il est possible de s’assurer pour moins de 20 € par an (cf. votre Mutuelle Étudiante). Des organismes d’assurances spécialisés pour ce type d’hébergement existent. C’est par exemple le cas sur le site d’assurance logement/étudiants ADH : www.assurances-etudiants.com ou encore l’assurance étudiante Heyme : https://heyme.care/fr/assurance/packs-responsabilite-civile
Pour les jeunes salariés ou les demandeurs d’emploi, l’assureur ou la banque peut déjà assurer le jeune via la « responsabilité civile » d’un véhicule ou par la protection des moyens de paiement (carte bleue, chéquier).
La prise en charge par l'assurance des parents est-elle suffisante ?
La plupart des compagnies d’assurance n’assurent plus les enfants en responsabilité civile lorsqu’ils quittent le domicile familial.
